Le carnaval du Belize fête ses 50 ans
Les festivités de septembre au Belize approchent à grands pas dans une ambiance plus animée que jamais, d'autant plus que le Carnaval du Belize fête ses 50 ans ! Le Carnaval est un événement très prisé qui se déroule le premier samedi deseptembre. Les spectateurs s'installent le long des rues avec leurs chaises, leurs parasols et leurs glacières remplies de boissons rafraîchissantes, attendant avec impatience le début des festivités.
Alors que Carnival célèbre son 50e anniversaire, plongeons-nous dans son histoire et son héritage au Belize.
La naissance d'une idée

Après que l'ouragan Hattie eut dévasté le Belize en 1961, la célébration du 10 septembre commémorant la bataille de St. George’s Caye n’était plus aussi joyeuse qu’auparavant. Le Comité des Quarante était le groupe chargé de planifier et d'organiser les activités du mois de septembre. Henry Young, membre du comité, eut l'idée qui allait raviver l'enthousiasme pour cette célébration. Il pensa que ce serait formidable d'y inclure des danses de rue. Ce fut l'introduction des camions équipés de systèmes de sonorisation dans les défilés. Cette idée marqua le début d'une nouveauté qui allait transformer la culture festive du Belize : le carnaval.
Le début d'une nouvelle fête
En 1975, le Belize a célébré son premier carnaval lors du défilé du 10 septembre. Contrairement au reste des Caraïbes, le carnaval du Belize n'a aucun lien avec le Carême. Il célèbre plutôt le patrimoine culturel du pays, marqué par les influences de la culture africaine.
Un groupe de cinq femmes, Crystal Vernon, June Singh, Alice Williams, Myrtle Flowers et Maud Williams, a été à l'origine du carnaval au Belize. Elles ont lancé le mouvement « Les femmes béliziennes pour la préservation culturelle ». Ces femmes étaient des pionnières : elles recyclaient des matériaux pour confectionner de superbes costumes destinés à leurs enfants et à ceux du quartier, afin qu'ils puissent danser lors du défilé.

Parmi les autres participants au défilé figurait l'école de danse de Solie Arguelles. Elle avait réuni des jeunes filles exposées au risque de se retrouver à la rue, ainsi que ses danseuses, pour qu'elles se produisent dans leurs costumes colorés. À l'époque, les parents n'avaient pas à acheter les costumes de carnaval. Les groupes recevaient une aide pour l'achat des tissus nécessaires à la confection des costumes, et les enfants venaient simplement danser. Les femmes à l'origine de ces groupes de carnaval confectionnaient les costumes par amour de la créativité, de leur pays et des enfants.
Le Comité des Quarante choisissait les juges, à l'insu des groupes. Les enfants devaient donner le meilleur d'eux-mêmes lors de leur numéro chorégraphié devant le bâtiment Paslow. Les juges étaient installés à l'étage, au deuxième étage.



Une fête en constante évolution
Cependant, après l'indépendance du Belize en 1981, il a été décidé de dissocier le carnaval du défilé du 10 septembre. Le carnaval s'est alors transformé en un véritable spectacle grandiose, inondant les rues de couleurs captivantes, de parures, de plumes et de pas synchronisés. Les « Belizean Women for Cultural Preservation » ont remporté de nombreuses parades du carnaval, devenant ainsi le groupe le plus recherché et le plus influent. Elles se sont constituées en groupe officiel en 1988 dans la catégorie senior, composé majoritairement de femmes. La diaspora bélizienne de Miami les a invitées à participer au carnaval annuel des Caraïbes à la fin des années 1980. Elles s’y sont ensuite rendues à plusieurs reprises, insufflant une nouvelle dynamique au carnaval du Belize.
Le concours annuel et la renommée internationale ont incité les groupes à améliorer leurs prestations. L'association « Belize Women for Cultural Preservation » a invité un créateur trinidadien à animer un atelier, ce qui a inspiré les créateurs locaux à perfectionner leur art. Par ailleurs, le groupe Puntarama, rebaptisé GEM, est arrivé au Belize à la fin des années 1990 avec une touche trinidadienne, arborant des tenues en deux pièces agrémentées de grands sacs à dos.



À la fin des années 1990, vingt-cinq ans après sa création, les femmes du BWCP ont passé le relais à ses membres, qui se préparaient déjà à cette transition éventuelle. Le nom a été changé de « Belize Women for Cultural Preservation » à« CJAMM », un acronyme en l'honneur des cinq femmes fondatrices : (C)rystal, (J)une, (A)lice, (M)yrtle et (M)aud. D'autres groupes se sont joints à eux au fil des ans : Cultural Heritage, GEM, Black Pearl, Mother Nature’s Creations, Southside Masqueraders, Soca Moca, Belizean Jewels, Titans, Eternity, Erotic et Jam Jam Mas Band, ainsi que de nombreux autres groupes juniors.
L'impact du carnaval sur la vie des gens
David Matus
Le carnaval au Belize a marqué la vie de nombreuses personnes. C'est ce moment unique de l'année où chacun peut s'exprimer librement, sans ou presque sans souci. David Matus en fait partie : fêtard depuis 28 ans, il est aujourd'hui chef de la troupeTitans Mas Band. « Ma passion de longue date pour le carnaval, qui s’est développée au fil des ans, m’a conduit à endosser le rôle de chef de groupe, où je continue à mettre ma créativité et mon leadership au service de cette forme d’art. » Il poursuit : « Le carnaval n’est pas seulement un événement — c’est un mode de vie et une partie intégrante de qui je suis… Il m’offre une formidable tribune pour exprimer mon identité et ma créativité à travers l’art de la conception de costumes et la célébration culturelle. »
Le Titans Mas Band participe au carnaval du Belize depuis dix ans, et près de 30 % de ses participants sontdes touristesétrangers. David explique : « Chaque visite stimule notre économie, des hôtels et restaurants aux transports et commerces locaux. Quand ils défilent avec Titans pour le carnaval, c'est bien plus qu'un simple défilé ; c'est un voyage inoubliable, riche en culture, en énergie et en joie, qui crée des souvenirs pour toute une vie. »



Audrey Bradley
La troupe Soca Moca Masparticipe au carnaval du Belize depuis 15 ans et a remporté le titre de « Carnival Road March Winners » en 2019, puis de 2022 à 2024. Cependant, Audrey Bradley, la chef de la troupe, est impliquée dans le carnaval depuis 2001, soit neuf ans avant de monter sa propre troupe. Pour elle, il n’y a pas de secret pour remporter des victoires consécutives. Il s'agit de bien connaître son thème, de choisir la bonne musique, de chorégraphier le numéro et, surtout, de créer les costumes.
Même si cette folie n'obéit à aucune logique, elle souligne que « le secret, je dirais, c'est la famille, l'unité, l'amour et la solidarité ». Audrey explique que Soca Moca est un héritage de la génération précédente, et elle a l'intention de perpétuer cette tradition. « Ma famille, mes amis et, surtout, toute la communauté qui vient à Soca Moca pour trouver un refuge, un endroit où la soca est synonyme d'évasion et de liberté. Un endroit qu'ils peuvent considérer comme leur chez-soi. »
Ils sont nombreux, parmi les chefs de groupe et les fêtards, à ressentir les effets positifs du carnaval. Bien qu’ils doivent relever chaque année des défis pour que cet événement puisse avoir lieu, ces créatifs, venus de toute la ville et de tout le pays, ont des points communs : leur amour du carnaval, la liberté d’expression et la volonté de perpétuer cette tradition culturelle.
L'avenir du carnaval
Le carnaval du Belize, qui fête ses 50 ans, témoigne des nombreux efforts déployés en faveur de la préservation culturelle au Belize. Fort de son histoire unique et de son évolution progressive, le Belize s’impose comme une destination de choix pour le carnaval. « Aujourd’hui, nous nous sommes peut-être éloignés des traditions initiales, mais nous conservons toujours la saveur caribéenne », a déclarél’Association du carnaval du Belize. Elle a ajouté : « Le carnaval peut avoir un impact sur notre industrie touristique. » Elle estime que des initiatives telles que les partenariats avec les entreprises et les parrainages, les alliances avec les associations régionales de carnaval et d’autres actions peuvent aider davantage les groupes au sein du pays. L’association et les chefs de fanfare sont optimistes quant à l’avenir du carnaval. Ils envisagent un carnaval plus élaboré, plus inclusif et plus passionnant, qui permettra au Belize de s’imposer comme une destination incontournable pour ce grand événement !


